NotebookLM devient Gemini Notebook : ce qui change vraiment

Google a rebaptisé son outil le 16 juillet 2026. Derrière un simple changement de nom, il y a une leçon sur le jargon, et une nouveauté qui compte pour votre travail.

Par Emmanuel Derrien — 2026-07-27

Bande dessinée en quatre cases : Emmanuel Derrien s'étonne de ne plus trouver NotebookLM, découvre qu'il s'appelle désormais Gemini Notebook, explique que les deux lettres LM signifiaient modèle de langage et que ce jargon a été abandonné, et montre que l'outil sait maintenant produire des graphiques à partir des documents qu'on lui confie.
Le nom a changé, vos documents et vos habitudes non.

Si vous avez cherché NotebookLM ces derniers jours et que vous ne l'avez pas trouvé, vous n'avez rien perdu. L'outil s'appelle simplement autrement.

Depuis le 16 juillet 2026, il porte le nom de Gemini Notebook. C'est le même produit, au même endroit, avec vos carnets et vos documents intacts. Mais ce changement de nom mérite qu'on s'y arrête, pour une raison qui n'a rien de technique.

D'abord, de quoi parle-t-on

Pour ceux qui découvrent l'outil, un mot d'explication, parce qu'il est différent des assistants de conversation habituels.

Vous lui confiez vos propres documents : des contrats, des comptes rendus, une convention collective, un rapport de plusieurs centaines de pages. Il ne répond ensuite qu'à partir de ces documents-là, et il vous dit d'où vient chaque réponse. C'est ce qui le distingue d'un assistant classique : il ne va pas chercher ailleurs, il ne brode pas, il reste dans votre dossier.

C'est pour cette raison que c'est mon outil favori du côté de Google. Un dirigeant qui doit se faire une idée d'un dossier épais avant une réunion y gagne un temps considérable, et il peut vérifier chaque affirmation en remontant à la source.

Ce que le changement de nom raconte

L'ancien nom contenait deux lettres, LM, que presque personne ne savait déchiffrer. Elles signifiaient modèle de langage, autrement dit la technologie qui fait tourner l'outil.

Google les a abandonnées. Et c'est, à mes yeux, la partie la plus intéressante de l'histoire.

Pendant des années, ce secteur a nommé ses produits d'après leur plomberie. On expliquait aux dirigeants ce qu'il y avait dans le moteur avant de leur dire à quoi servait la voiture. Le résultat est connu : beaucoup de gens ont conclu que ce n'était pas pour eux.

Qu'un acteur de cette taille retire le jargon du nom de son produit est un signal. On passe de la technologie qui se présente elle-même, à l'outil qui dit ce qu'il fait. C'est exactement le mouvement que j'appelle de mes vœux en formation depuis le début.

La nouveauté qui compte vraiment

Au-delà du nom et du logo, qui a pris les couleurs de Gemini, il y a une vraie nouveauté, et elle est passée assez inaperçue.

L'outil peut désormais exécuter du code directement sur vos documents. Traduit en français : il ne se contente plus de vous répondre par du texte, il peut calculer, trier, et produire des tableaux et des graphiques à partir des données contenues dans les fichiers que vous lui avez confiés.

Concrètement, vous déposez trois ans de comptes ou un export de votre logiciel de gestion, et vous demandez une évolution mois par mois. Vous obtenez le graphique, pas seulement une phrase qui le décrit.

Une réserve, parce qu'elle est importante au moment où j'écris : cette fonction n'est pas déployée pour tout le monde en même temps. Elle est arrivée d'abord sur les offres les plus complètes et sur les comptes professionnels, avant de descendre vers les autres. Si vous ne la voyez pas encore, c'est normal.

Ce qui n'a pas changé

Vos carnets existants, vos documents, vos habitudes : rien à refaire.

L'outil reste une application à part entière, et non une fonction noyée dans l'assistant de conversation de Google. C'est une bonne nouvelle : les deux usages sont différents et méritaient de le rester.

Les résumés audio et vidéo, cette fonction qui transforme un dossier en conversation à écouter, sont toujours là. C'est probablement l'usage qui surprend le plus les dirigeants à qui je le montre : on écoute la synthèse d'un rapport dans sa voiture.

Et l'accès de base reste gratuit.

Ce que je vous conseille de faire cette semaine

Prenez un dossier réel de votre entreprise, pas un document de démonstration. Un appel d'offres, votre convention collective, la documentation d'un logiciel que personne ne lit.

Déposez-le, et posez-lui trois questions dont vous connaissez déjà les réponses. C'est le seul moyen honnête de juger un outil : on vérifie sur ce qu'on maîtrise avant de lui faire confiance sur ce qu'on ignore.

Regardez ensuite s'il cite bien ses sources et si vous pouvez remonter au passage exact. C'est cette vérifiabilité qui rend l'outil utilisable en entreprise, bien plus que sa capacité à rédiger joliment.

Et posez-vous la question des données avant de déposer quoi que ce soit de sensible. Le réflexe reste le même que pour tous les outils : ce n'est pas le nom du produit qui décide du niveau de risque, c'est le cadre dans lequel vous le faites tourner et le compte que vous utilisez.

Ce que je retiens

Un changement de nom n'est jamais qu'un changement de nom. Celui-ci vaut pourtant d'être noté, parce qu'il va dans le bon sens : moins de jargon, plus de clarté sur ce que fait l'outil.

Ne changez rien à vos habitudes, sinon le raccourci dans votre navigateur. Et allez voir si l'exécution de code est arrivée chez vous, parce que c'est elle qui fait passer l'outil du résumé à l'analyse.